Dans l’Église, nous avons appris à prier, à jeûner, à semer. Ces gestes sont bons et font partie de l’adoration. Pourtant, beaucoup de croyants se retrouvent frustrés : ils ont donné, ils ont prié, ils ont attendu, et rien ne semble venir. Et si le problème n’était pas dans le geste, mais dans le fondement sur lequel il repose ?

L’adoration a besoin d’un fondement

 

Le chant, la prière, l’offrande sont des expressions d’adoration. Mais pour qu’elles soient reçues, elles doivent reposer sur un fondement qui attire Dieu. Dans Lévitique 1:9, le sacrifice entièrement consumé est décrit comme « d’une agréable odeur » pour l’Éternel. Cette image ne veut pas dire que Dieu sent une odeur : elle décrit le plaisir que le sacrifice provoque en Lui. Dieu a un goût, un standard, et Il attend que ce que tu Lui présentes puisse Lui faire plaisir.

Cela signifie que tout ce que nous faisons, même religieux, ne plaît pas forcément à Dieu. Une prière ou une offrande faite sans le souci de Lui plaire manque sa cible.

 

Ce qui rendait un sacrifice agréable

 

Dans le système lévitique, il existait cinq sacrifices. Seuls trois pouvaient être appelés des sacrifices d’odeur agréable : l’holocauste, l’offrande végétale et le sacrifice d’action de grâce. Pourquoi ? Parce que personne ne les exigeait. L’adorateur les apportait de son plein gré, par dévotion, sans rien attendre en retour. Les deux autres (expiation et culpabilité) étaient commandés, et ne portaient pas cette qualification.

L’holocauste exprime parfaitement cette idée : tout est consumé, rien n’est repris. Tout est pour Dieu.

Un cœur joyeux a déjà reçu sa récolte

 

Paul écrit : « Que chacun donne comme il l’a résolu en son cœur, sans tristesse ni contrainte ; car Dieu aime celui qui donne avec joie »(2 Corinthiens 9:7).

Un cœur joyeux, c’est celui qui cherche à plaire à Dieu et se réjouit de l’avoir fait. Sa récolte, c’est de voir qu’il a touché le cœur de Dieu.

À l’inverse, celui qui donne en attendant quelque chose finit par porter de l’impatience, puis de la tristesse. Quand rien ne vient après des mois ou des années, il en vient parfois à parler contre sa propre offrande.

Le psaume 126:6  « Celui qui marche en pleurant, quand il porte la semence, reviendra avec joie. »

Quand Dieu est ton tout, tu ne perds rien en donnant.Dieu le dit Lui-même en Exode 25:2 : Il reçoit l’offrande de celui qui donne d’un bon cœur. Ce n’est pas ta main qu’Il regarde, c’est ton cœur. Et ce bon cœur, c’est celui qui donne par affection, avec une volonté prompte (Exode 35:21).

 

Ce que la Bible montre :

Salomon-Abraham-David

Salomon, David, Abraham

 

Salomon: On cite souvent ses mille holocaustes pour expliquer sa bénédiction. Mais le texte commence autrement : « Salomon aimait l’Éternel » (1 Rois 3:3). Quand Dieu lui demande ce qu’il veut, il ne demande ni la richesse, ni la gloire, ni la mort de ses ennemis, mais la sagesse pour conduire le peuple avec justice. Dieu lui répond qu’Il lui donnera en outre ce qu’il n’a pas demandé : richesse et gloire. Un surplus, pas l’essentiel.

David: Il voulait simplement bâtir une maison pour Dieu, sans rien négocier. Dieu lui répond qu’Il lui bâtira une maison et affermira son trône pour toujours (2 Samuel 7). Cette bénédiction, David ne l’avait pas demandée.

Abraham: Après avoir offert Isaac, il entend Dieu jurer par Lui-même : « Parce que tu as fait cela, je te bénirai » (Genèse 22:16-17). Abraham n’a pas donné pour obtenir. Il a donné par amour, et Dieu s’est donné en retour.

Dans chacun de ces cas, Dieu répond de manière démesurée à un cœur qui ne demandait rien pour lui-même.

 

Le danger de marchander avec Dieu

 

Jacques 4:3 : « Vous demandez, et vous ne recevez pas, parce que vous demandez mal, dans le but de satisfaire vos passions. »

Lorsqu’on promet que « si tu donnes, tu auras », on risque de transformer la maison de Dieu en marché. L’histoire de l’Église a connu ce travers avec la simonie, la vente des grâces. Imagine un couple où chaque geste de tendresse serait calculé pour obtenir de l’argent : ce n’est plus de l’intimité, c’est du commerce.

Cela ne veut pas dire que Dieu est contre la richesse, ni que collecter des fonds pour l’œuvre de Dieu est mauvais. Moïse lui-même en a reçu l’ordre. Le problème, c’est l’état du cœur. Dieu bénit, mais Il bénit à cause de la posture du cœur, pas à cause d’un échange :

« Tu lui donneras sans que ton cœur s’en afflige ; car à cause de cela, l’Éternel ton Dieu te bénira » (Deutéronome 15:10).

 

Le cœur de l’épouse

 

Pourquoi l’Église est-elle appelée l’épouse ? Parce que l’épouse vit pour plaire à l’époux. Tout ce qu’elle fait, elle le fait dans cette conscience. Atteindre ce niveau, c’est détrôner le « moi », avec ses désirs et ses calculs, pour que la volonté de Dieu devienne la nôtre. C’est ce que Dieu appelle l’union : un cœur qui désire ce que Dieu désire. Ce n’est pas le fruit d’une seule prédication, mais d’un travail patient, d’un exercice qui positionne le cœur.

En pratique

  • Avant de prier, de servir ou de donner, demande-toi : « Est-ce que je le fais pour plaire à Dieu, ou pour obtenir quelque chose ? »
  • Choisis de donner volontairement, avec révélation de qui Dieu est, et non sous contrainte ou par manipulation.
  • Prie comme le psalmiste : « O Dieu ! crée en moi un cœur pur » (Psaume 51:12). Le Seigneur a promis que ceux qui ont le cœur pur verront Dieu.

Le témoignage que Dieu attend, ce n’est pas seulement « j’ai reçu une maison » ou « j’ai reçu une voiture », mais « j’ai touché le cœur de Dieu ». Voilà la plus belle des récoltes.

 

Extrait tiré de la série d’enseignement “Le Temple de l’âme 9 – Un parfum de bonne odeur: Comment être une offrande agréable à Dieu 3 ?”; By Samuel KAMUANGA. 

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